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Dossier : Emigration Capverdienne

Par Jean-Marc

[Aucune photo disponible]A son origine, le Cap Vert était un archipel désertique, de nature volcanique ; ses îles sont séparées en deux parties :
- au Nord les îles sur le vent
- au Sud les îles sous le vent.
Quasi aride, avec seulement 10% de terre végétale, il n'y a aucune raison pour que l'homme s'y installe pour y vivre.

Pourtant au 15° siècle, des marins portugais vont faire le pari fou de contrer la nature et de s'y établir ; la position géostratégique plaçant le Cap Vert entres les trois continents (Afrique, Amérique et Europe) fut l'unique raison de cette importante décision. Le commerce d'esclaves sera sa principale activité rentable durant plusieurs siècles. Cette société esclavagiste va vivre aux rythmes des sécheresses, épidémies et famines qui décimeront une grande partie de la population capverdienne. Afin de limiter ces hécatombes, la couronne portugaise organise l'émigration forcée, ainsi, en 1765 de nombreux capverdiens sont envoyés de force en Guinée Bissau pour la construction de la forteresse de Bissau ; les travaux dureront huit années et beaucoup de capverdiens laisseront leur vie tant les conditions de travail étaient pénibles.

Il faut attendre 1804 pour voir les premières émigrations volontaires, les capverdiens montent sur les baleiniers américains et vont pouvoir se fixer sur la côte Est des Etats-Unis. Ce processus va durer plus d'un siècle avec une période de pointe suite aux famines de 1862/1863 où 33000 capverdiens vont mourir dans les îles du Sotavento. Emigrer devient alors une question de survie. On estime la population capverdienne installée au USA à près de 25000 au début du 20°siècle. En 1899, la couronne portugaise reprend ses bonnes vieilles habitudes de l'émigration forcée, car il manque beaucoup de mains-d'œuvre dans les plantations de Sao Tomé et aussi en Angola. Pour cela, elle met en place deux lois : La première limitant l'émigration vers les USA La seconde sur le travail obligatoire :

"Tous les indigènes sont sujet à l'obligation morale et légale de chercher du travail pour subvenir à ses besoins, sinon le gouvernement l'utilisera dans les grandes plantations de l'état."

Au milieu du 20° siècle, le Cap Vert continu à perdre de sa population ; pour la première fois les émigrants sont originaires du Barlavento, c'est la famine de1950 à Sao Nicolau qui en est la cause. C'est à partir de cette époque, que l'émigration capverdienne va être à l'image de sa position géostratégique avec une émigration vers les USA pour les îles du Sotavento et l'Europe pour les îles du Barlavento, le continent africain accueillera surtout les gens de Santiago. Avec plus de 40% de personnes sans emploi et pour éviter tout drame avec les sécheresses des années 60, le Portugal va signer des conventions avec certains pays européens en quêtes de mains-d'œuvre, comme la France, le Luxembourg, l'Italie, la Hollande… Les besoins sont divers et variés.

Pour la France et le Luxembourg c'est surtout pour alimenter la Sidérurgie qui est un gros consommateur de bras, avec l'essoufflement de l'émigration italienne et portugaise alors que les besoins sont importants pour ces deux pays.
Au Portugal c'est dans le bâtiment que l'on retrouvera le gros de la communauté capverdienne.
Pour la Hollande, des recrutements massifs sont opérés sur le fret maritime, aussi bien sur les bateaux que sur les docks.
En Italie, l'émigration capverdienne est organisée par les pères capucins en quête de personnels de maison, cette émigration sera donc en grande majorité féminine venant principalement des îles du Barlavento.
Les arrivées dans les pays d'accueils n'ont pas toujours été simples, car le voyage se faisait en général par un trajet en bateau entre le Cap Vert et Lisbonne, puis un long cheminement par le chemin de fer à travers différents pays européens sans pour autant maîtriser la langue. Après un voyage fatigant, certains sont arrivés en plein hiver et voyaient la neige pour la première fois de leur vie, ils n'étaient pas équipés pour supporter le froid, leurs vêtements étaient conçus pour les pays chaud. Heureusement de nombreuses associations, syndicats se sont émues de cette situation et se sont mis à collecter des vêtements chauds, des couvertures...

Par la suite, ce sont les capverdiens eux même qui une fois installés ont parrainé les nouveaux arrivés, en se constituant en association ou à titre personnel. Avec les regroupements familiaux, la communauté se développe au fil du temps, bien qu'il soit impossible de définir un nombre exact puisque la grande majorité des capverdiens prennent la nationalité du pays d'accueil. La seule chose que l'on peut dire actuellement, il y a plus de capverdiens dans le monde qu'au Cap Vert : Estimation approximative :

- 450000 habitants au Cap Vert
- 250000 aux USA
- 80000 au Portugal
- 25000 en France
- 25000 en Hollande
- 5000 au Luxembourg

Et plus de 70000 dans le reste du monde : Brésil, Suède, Argentine, Sénégal, Angola, Guinée Bissau, Timor...
Si la grande majorité des capverdiens prennent la nationalité du pays d'accueil, ils restent très attachés à leur terre natale et tout est prétexte pour se retrouver dans les associations, les fêtes pour parler du pays mais aussi pour parler « criole » avec une petite Sodade dans la voix. Aujourd'hui, il n'y a plus de famine au Cap Vert, grâce aux ONG et l'aide internationale les conditions sanitaires s'améliorent, l'économie va dans le bon sens, des emplois sont crées et pourtant l'envie d'émigrer reste pour certains l'unique but de leur vie. Pour eux, l'émigration est la solution à une vie meilleure qui ne se trouve pas dans leur pays, quoi de plus normal que de vouloir le meilleur pour soi même et ses proches !! Actuellement des européens ont émigrés au Cap Vert, pas forcément pour faire fortune mais pour trouver une condition de vie qu'ils n'ont pas chez eux. Un dicton capverdien dit la chose suivante :

"Il n'existe pas de force qui m'empêchera d'aller voir au-delà de l'horizon."

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